Les peuples néolithiques vivaient sur le site de notre localité. La découverte d'outils préhistoriques dans le calcaire de Champigny l'atteste.
| Mais sans doute les chasseurs des premiers âges occupaient-ils depuis déjà bien longtemps les abords de la future Marne. Le calme cours d'eau que nous connaissons était alors un fleuve abondant et impétueux ... |
Plus tard, sur les rives de celle qu'ils nomment la "mère des eaux", les Parisii venus du nord de la Gaule résistent aux légions de Jules César. Un Gallo-romain surnommé Campinus (ou Campanus) serait à l'origine du nom de Champigny, où il s'était constitué un domaine. Mais le mot "champagne", que l'on retrouve par ailleurs, désigne généralement une étendue de craie souvent couverte de vignoble. Autre hypothèse étymologique, qui correspond parfaitement à ce qu'a été Champigny dans le passé.
L'influence de la riche abbaye de Saint-Maur, fondée en 640, restera sensible jusqu'au milieu du 18e siècle. A cette date, elle possédait encore notamment un bois près de Coeuilly appelé Bois-l'Abbé.
En 1420, pendant la guerre de Cent Ans, Champigny subit les assauts des Armagnacs, adversaires des Bourguignons sous le règne déclinant de Charles VI le Fol. A cette époque, les seigneurs de Champigny ont pour nom Bureau de la Rivière. Viendra ensuite Charles de Melun, favori de Louis X A partir de 1573 s'établit avec Jean II Bochart une longue lignée. Elle s'éteindra sur l'échafaud en 1793 avec Jean-Baptiste-Gaspard, de la branche des Saron.
De la vigne aux guinguettes
Longtemps, la vigne a revêtu les pentes de Champigny. Le cru local, le piccolo, s'appréciait dans toute l'Ile de France.
En 1275, une ordonnance de Philippe III interdit l'usage du gamay qui lui est mélangé. Les vignerons campinois vendent la plus grosse part de leur récolte.
| Mais les droits d'octroi sont élevés à Paris et c'est en banlieue que l'on va consommer. Ainsi se multiplient, sur de nombreux sites autour de la capitale, les cabarets et guinguettes. On en vient même à les considérer en 1787 comme nécessaires à la santé physique et morale du peuple ! La vogue des guinguettes survit à la baisse des taxes d'octroi. Aux charmes de la nature s'ajoutent, au XIX siècle, l'attrait de la pêche, du canotage et du bal champêtre. |
La Foire aux cochons, qui se tient encore tous les mois de novembre, est une concession du roi Charles IX, en 1563. Elle témoigne de l'importance du porc
| Téléchargez les affiches de la foire aux cochons |
dans la vie des petites exploitations agricoles familiales qui ont longtemps peuplé Champigny, comme toute la pointe de la Brie.
Aucune source précise ne permet de savoir quelles circonstances ont présidé au choix de Saint-Saturnin comme patron de l'église de Champigny. En tout cas, les traces historiques de l'existence du sanctuaire apparaissent dès l'an 1200. Même si les différentes restaurations n'ont pas toujours respecté la sobriété du Roman, l'église Saint-Saturnin conserve une indéniable parenté avec Notre-Dame de Paris, construite à une époque proche.
Naissance d'une commune
La première des doléances de la paroisse de Champigny, adressée à Louis XVI dans les fameux cahiers de 1789, concerne l'allégement des impôts. Tailles, ustensiles, vingtièmes, corvées et autres gabelles surchargent alors cultivateurs et gens de campagne.
Ce réseau complexe de taxes héritées du vieux système féodal est appelé à disparaître, ainsi que le régime lui-même. La loi du 14 décembre
1789 votée par l'Assemblée constituante instaure des communes, dotées d'une municipalité élue au suffrage direct. Début 1790, la commune de Champigny intègre le canton de Saint-Maur-des-Fosses, district de Bourg-la-Reine, département de la Seine. Le premier maire se nomme Contamine.
Voir l'évolution urbaine de Champigny :
| Champigny 1650 | Champigny 1790 | Champigny 1859 | Champigny 1887 |
Au cours du 19e siècle, l'omnibus et le chemin de fer multiplient les possibilités d'échanges avec la capitale. Mais la déclaration de guerre de Napoléon III à la Prusse en 1870 bouleverse l'essor tranquille de la cité. Pendant le siège de Paris, Champigny est le théâtre d'une bataille sanglante. "De la droite à la gauche, le village semblait en feu. Des meurtrières, des fenêtres, du clocher, des barricades, des coins de rues, des vergers, la fusillade se croisait de toute part", témoignera plus tard le général Ducrot. En dépit des efforts déployés, les unités françaises doivent renoncer à percer les lignes allemandes à l'est de la capitale. Ducrot et le commandement français ordonnent la retraite.
| Les armoiries de Champigny datent de la fin du XIXème siècle. La couronne murale y rappelle que la cité a été fortifiée. La devise, "Ny fer, ny feu, rien ne me peult", fait allusion à la bataille de Champigny. Sur le blason, une barque évoque la Marne, une grappe de raisin confirme l'importance de la vigne. Les deux autres quartiers consacrent l'ascension nobiliaire des Bochart. |
La Troisième République est une période décisive dans l'histoire de Champigny. En 70 ans, le petit bourg devient une ville importante aux portes de Paris. De 2200 habitants en 1872, la population atteint le chiffre de 28 883 en 1936. Coeuilly et le centre de Champigny se rejoignent, de même que la Fourchette, le Plant et le Tremblay. Une à une, les grandes propriétés cèdent la place aux lotissements.
Théâtre antique
| En 1905 ont lieu les premières représentations du Théâtre antique de la nature, devant 4000 spectateurs, entre les actuelles rues Jacques-Richard, Ferdinand-Buisson et du Parc-de-la-Montagne. Ce théâtre de plein air, renouvelé des Grecs et des Romains par le comédien Albert Darmont, aura une renommée nationale jusqu'à la Première Guerre mondiale, avec l'appui de la grande Sarah Bernardt et de la poétesse Juliette de Wils. |
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| Albert Thomas Né à Champigny, Albert Thomas y crée au début du siècle le premier groupe socialiste. Diplômé de l'École normale supérieure, il collabore avec Jaurès au journal L'Humanité. Elu député, il est maire de Champigny de 1912 à 1919, secrétaire d'État puis ministre de l'Armement de 1915 à 1917 avant de diriger le Bureau international du travail jusqu'à sa mort en 1932. |
En mai 1940, les troupes allemandes mettent un terme à la "drôle de guerre" et passent à l'offensive. Elles occupent bientôt toute la région parisienne. Des troupes stationnent à Champigny. Le 11 avril 1941, l'incendie d'un train de marchandise interrompt tout trafic pendant plusieurs jours. C'est le premier acte spectaculaire de résistance dans notre commune. Son auteur, un menuisier communiste nommé Auguste Taravella, sera arrêté en 1943 et fusillé au mont Valérien avec d'autres résistants campinois.
Vers une ville moderne
| A la Libération, Champigny est encore une agglomération semi-rurale. Or un double mouvement de population provoque un boom de l'urbanisation. En effet une nombreuse main d'œuvre française et étrangère affluent dans la région en même temps que la moyenne bourgeoisie parisienne chassée de la capitale par la spéculation immobilière et la disparition des entreprises. |
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Au lendemain de la guerre se pose d'inquiétants problèmes d'habitat. A partir des années cinquante et pendant trente ans, Champigny est un chantier de construction. Durant cette période, 20 000 logements sortent de terre, dont 16 000 collectifs. Les populations Maghrébines et Portugaises constituent la majeure partie des ouvriers du bâtiment et s'installent comme ils le peuvent. Sur le Plateau s'étend peu à peu un gigantesque bidonville (le plus grand d'Europe), démantelé à la fin des années 1970.
La population s'accroît de près de 1500 nouveaux résidants chaque année. Au début des années quatre-vingts, Champigny compte près de 80 000 habitants.
![]() | Figure omniprésente, Louis Talamoni, sénateur-maire de Champigny de 1950 à sa mort, marquera de sa personnalité le ville. Enfant de la Corse, communiste, résistant, il impulse pendant un quart de siècle un effort considérable de développement et d'adaptation pour faire de Champigny une ville moderne, bien équipée. En 1975, Jean-Louis Bargero lui succède à la tête de la municipalité. C'est suite à la démission de ce dernier en novembre 2004, que le Conseil Municipal extraordinaire qui s'est tenu a désigné Dominique Adenot, maire de Champigny . |
Jusqu'au passage de l'an 2000, l'évolution de la cité se poursuit avec la volonté de limiter l'accroissement démographique, de maintenir l'habitat pavillonnaire, de modérer la construction de logements collectifs, d'inciter les entreprises à s'installer sur la commune, d'encourager le développement du commerce et de l'artisanat, de créer de nouveaux espaces verts. Enfin, de redonner une âme au centre-ville en le rénovant.
Intégrée au centre ville, la Marne est offerte à la rêverie des promeneurs, solitaires ou non.
Sources : "Champigny, hier, aujourd'hui" de Jean Morlet
"Champigny, vies quotidiennes" de Léo Lorenzi,
Nos remerciements à la Société d'histoire de Champigny pour son précieux concours.